IOT et industrie : L'IoT industriel: tout est question de coûts

L'idée et la possibilité de connecter des actifs industriels distants n'ont rien de nouveau. Chez Air Liquide, nous raccordons depuis plus de 15 ans les réservoirs d'oxygène et d'azote que nous installons sur les sites clients.
Sur le plan technologique, la connexion d'objets distants est possible depuis longtemps, en utilisant la téléphonie fixe ou les réseaux mobiles. L'IoT industriel (IIoT, c'est-à-dire l'IoT pour les entreprises industrielles) n'est pas une question de technologie mais une question de rentabilité. Il peut se résumer en une question simple: les économies et les revenus supplémentaires générés seront-ils supérieurs à ce que l'on pourrait appeler le «coût total de connexion des actifs» (TCAC)?
Chaque fois qu'une nouvelle technologie de télécommunications apparaît, TCAC baisse. Les analyses de rentabilisation qui n'étaient pas viables auparavant devenaient rentables. Lorsque la technologie GPRS est apparue, de nouvelles applications se sont ouvertes, car il était moins coûteux d'installer un appareil sans fil que de configurer une ligne de télécommunications fixe. À l'époque, le mot à la mode était «M2M» (Machine to Machine) – et des milliards d'objets connectés étaient censés apparaître avant la fin des années 2000. Ils ne l'ont pas fait, car seuls les actifs présentant une analyse de rentabilisation positive étaient effectivement connectés.
Alors pourquoi ce nouveau battage médiatique IoT?
Depuis le début de cette décennie, une nouvelle famille de technologies télécoms, appelée LPWAN (Low Power Wide Area Network) a vu le jour. Encore une fois, ils réduisent fortement les coûts de connexion des actifs distants. Sigfox & LoRa appartiennent tous deux à cette famille, ainsi que des technologies moins connues, notamment celles poussées par la GSM Association. Le mot à la mode est désormais «IoT».
Est-ce à dire que les milliards d'actifs industriels connectés, prévus au moment du battage médiatique M2M, apparaîtront dans les 3 prochaines années? Les choses ne sont pas si simples.
Premièrement, les cas d'utilisation présentant les avantages les plus évidents de la connexion d'objets ont déjà été traités à l'aide de la connectivité GSM. Les cas d'utilisation ouverts par LPWAN à moindre coût sont donc plus difficiles et plus complexes à prouver. Les entreprises entrent donc prudemment dans un cycle relativement long de tests, de PoC et de pilotes avant d'envisager un déploiement à grande échelle.
Deuxièmement, TCAC ne dépend pas seulement des coûts des télécommunications. Cela dépend aussi du coût de:

capteur et dispositif de communication attaché à l'actif
logiciel nécessaire pour faire fonctionner l'actif distant et récupérer des données («plate-forme IoT») ainsi que pour prendre en charge la nouvelle application métier
la main-d'œuvre, des coûts des opérations sur le terrain (installation et configuration du capteur et du dispositif de communication sur l'actif, plus les coûts de maintenance récurrents – généralement le changement d'une batterie), aux équipes opérationnelles supplémentaires nécessaires pour livrer le cas d'utilisation

Les technologies LPWAN résolvent partiellement ce problème car elles réduisent le coût des appareils de communication (par rapport au GSM) et – comme leur nom l'indique – sont «à faible consommation» (ce qui signifie moins de changements de batterie) – mais il y a encore des coûts.
Pour que l'IIoT soit réel, nous avons besoin à la fois des technologies LPWAN et d'une approche holistique de la réduction de TCAC. TCAC est la bataille qu'Alizent mène maintenant, tirant parti de son nouveau partenariat avec Sigfox.

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